Ich Ich Ich
Lors du mariage de son frère, Marie est prise au dépourvu par son ami Julian qui lui propose de l’épouser devant toute la famille. Marie n’a aucune idée de la manière dont elle doit réagir. Elle s’enfuit à la campagne pour réfléchir seule à elle-même, à sa vie et à sa relation. Au lieu d’y trouver la paix, ses pensées commencent à s’animer. Les choses se compliquent lorsque Julian apparaît avec ses propres pensées aussi animées.
Générique
- Réalisation
- Zora Rux
- Scénario
- Zora Rux
- Production
- Leonie Minor, Roxana Richters
- Photographie
- Jesse Mazuch
- Montage
- Zora Rux, Kalle Boman, Henning Stöve, Martin Herold
- Musique
- Ben Rössler, Mister Milano, Jonathan Ritzel
- Interprétation
- Elisa Plüss (Marie), Thomas Fränzel (Julian), Lola Klamroth (Louise), Sebastian Schneider (Henrik), Judith van der Werff (Maries Mutter), Henriette Confurius (Natalia)
- Origine, année
- DE 2021
- Durée
- 85 minutes
- Distribution
- UCM.ONE DE
- Âge recommandé
- 12
Filmography
- 2014
- Geschützter Raum (Kf/cm)
- 2015
- What Happens in Your Brain If You See a German Word Like...? (Kf/cm)
- 2021
- Ich Ich Ich
Citation
Dans son premier long-métrage de fiction, la réalisatrice Zora Rux […] raconte, en une série de tableaux poétiques, une histoire surréaliste sur la quête du véritable « je ».
DFFB (Deutsche Film- und Fernsehakademie Berlin)24.6.2020 [trad. lg]
Commentaires
Marie est cernée par ses pensées, par des « personnages-pensées » qui lui parlent, parlent d’elle, ou discutent simplement, donnent des conseils, se moquent, essaient parfois, avec poésie, de comprendre et de raconter la situation.
Des « personnages-pensées » – voilà une idée fantastique et brillamment réalisée : représenter une relation à travers tous ces moments, ces impulsions et ces influences qui nous traversent l’esprit. Marie croise des proches – sa mère ! –, des amies, un ancien amant, et bien d’autres encore que nous, spectateurs et spectatrices, ne pouvons pas toujours identifier, mais qui, dans le chaos des pensées et des sentiments, apparaissent de façon tout à fait logique – ou sont logiquement installés. La cristallisation progressive des pensées sous forme de personnages prend corps à l’écran : souvenirs et échos du passé se manifestent, espoirs et doutes, conseils et désirs, possibilités et alternatives deviennent visibles pour nous – et parfois même (in)saisissables pour Marie.
[…] Zora Rux a créé un petit miracle : un film où il ne se passe pratiquement rien, et qui pourtant déborde de vie, un film avec deux protagonistes et une multitude de personnages. Marie surtout est cernée par la chorégraphie de ses pensées, qui apparaissent sans cesse, quelque part dans le champ. Pour elle, ce n’est ni gênant ni étrange, mais cela ne rend pas sa situation plus simple […].
En 85 petites minutes, Zora Rux raconte l’histoire de deux êtres qui se sont trouvés et doivent maintenant décider. Avec son directeur de la photographie Jesse Mazuch, elle trouve, par des moyens très simples, des images incroyables qui donnent vie à l’intériorité des personnages avec une justesse psychologique et une légèreté amusante. C’est drôle, profond, constamment captivant – au point que l’on se réjouit de la pause intégrée dans le film : quelques minutes où le public peut se tourner vers lui-même — et vers ses propres personnages-pensées.
Harald MühlbeyerKino-Zeit.de, 01.12.2022 [trad. lg]
« Lorsque deux personnes font l’amour, quatre autres personnes sont présentes. Et ces quatre, ce sont leurs parents.» J’ai lu ça un jour dans un livre de psychologie. Et je me suis dit : quatre, seulement ? C’est de là qu’est née l’idée de Ich Ich Ich, un film dans lequel les pensées sont incarnées comme de vrais personnages. C’est que nous ne sommes jamais vraiment dans l’instant présent : nous repensons tout le temps au passé ou rêvons à l’avenir. Le film explore cette simultanéité des actions et des pensées.
Ich Ich Ich semble naturaliste ; l’absurdité n’apparaît qu’à travers les personnages-pensées. Pour créer un univers cinématographique cohérent, ces personnages-pensées obéissent à certaines règles : qui est-ce qu’ils peuvent voir et avec qui ils peuvent interagir. Justement parce que c’est devenu une habitude de saisir chaque instant avec son téléphone pour le montrer aux autres, parce que le naturalisme est omniprésent, il est important, au cinéma, d’aller au-delà esthétiquement et de tenter de représenter l’impossible, ce que l’on ne peut voir à l’œil nu ni à travers l’objectif d’une caméra : les pensées.
Propos de la réalisatriceUCM.ONE [trad. lg]