Taste of Cement

Séance du
  • Réalisation: Ziad Kalthoum
  • LB/DE/SY/QA/AE 2017
  • 85 minutes
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Taste of Cement

A Beyrouth, des ouvriers du bâtiment syriens construisent un gratte-ciel alors que, au même temps, leurs propres maisons sont bombardées. La guerre au Liban est finie mais en Syrie, elle fait encore rage. Les ouvriers sont coincés, ils ne peuvent quitter le site après 19 heures. La nuit, le gouvernement libanais impose un couvre-feu aux réfugiés. Leur seul lien avec l’extérieur est le trou par lequel chaque matin ils sortent pour aller travailler. Coupés de leur pays d’origine, ils se rassemblent le soir devant un petit poste de télévision pour obtenir des informations concernant la Syrie. Rongés par l’angoisse et l’anxiété, privés des droits de l’homme et du travailleur les plus basiques, ils continuent de croire qu’une autre vie est possible.

EF

Générique

Réalisation
Ziad Kalthoum
Scénario
Ansgar Frerich, Ziad Kalthoum, Talal Khoury
Production
Mohammad Ali Atassi, Ansgar Frerich, Eva Kemme, Tobias Siebert
Photographie
Talal Khoury
Montage
Alex Bakri, Frank Brummundt
Musique
Sebastian Tesch
Origine, année
LB/DE/SY/QA/AE 2017
Durée
85 minutes
Distribution
Cinelibre

Motivation / Citation

Indispensable à tous points de vue, témoignage d'une rare puissance doublé d'une maîtrise formelle éblouissante, Taste of Cement propulse le cinéma documentaire dans une dimension artistique rarement atteinte.

Pierre Guiho
Cultureaupoing.com, 2.1.2018

Commentaires

Taste of Cement de Ziad Khaltoum sera un film pris d’une part entre deux vertiges inverses, d’autre part entre deux forces jumelles, destruction et construction : il sera une forme, peut-être une formule, s’essayant à prendre la mesure, peut-être impossible, de tensions observables dans l’espace. Cet espace tendu entre plusieurs dimensions, des personnages viendront l’habiter, ou presque : des yeux, des visages d’abord, des corps muets, au travail et au repos, livrés à l’effort et astreints au couvre-feu. Progressivement ces figures prendront un peu de contour : ce sont des travailleurs syriens exilés, ouvriers construisant un gratte-ciel dans une ville en continuelle reconstruction, ayant fui une guerre présente pour aller recouvrir ailleurs les traces encore visibles des guerres passées. Taste of Cement décrit ce travail, arpente ces vertiges - vertige dans l’espace, horizontal et vertical ; vertige dans le temps, simultané et distinct - et se cherche en même temps sous nos yeux des images capables de les exprimer, de les confronter ou de les fondre. Sa grande beauté se tient à la limite du grand spectacle, de l’hypnose visuelle et sonore, aussi bien qu’à la limite de l’ennui : deux faces d’un même trajet vers la fascination, mais aussi vers la destruction de celle-ci, vers sa critique.
L’ennui, somnolence et intensité, n’est-il pas encore une fois la forme que prend dans notre vie l’attente du réveil collectif ? Voici les ouvriers syriens de Beyrouth pris dans le rêve d’un souvenir, lui-même pris dans le temps d’une guerre interminable. Ce rêve, dit le film, est le réel sans issue, qui lutte pour se dégager des décombres. Certains rejetteront peut-être les séductions de la forme, d’autres les raccourcis du propos, d’autres encore la coïncidence des deux en une seule métaphore, une thématique et une poétique compactes.
Taste of Cement fait avec des images du présent (certaines construites pour être d’aujourd’hui, cherchant un aspect contemporain, d’autres empruntées directement aux documents d’une destruction en cours) ce qu’on ne s’autorise pas toujours avec des images du passé : ainsi de cette équivalence, établie ici et là par le montage parallèle, entre les gestes des bâtisseurs et la dévastation d’une ville par les tanks et les bombes. Le ciment est son matériau comme son principe formel. On dira pourtant qu’il faut le voir. Il cherche un chemin d’images qui soit enfin un peu praticable dans des conditions démesurées et impossibles, dans ces espaces et ces temps trop vastes pour que la souffrance puisse, même un seul instant, s’y exprimer. Trop vastes exprès. Ce chemin, c’est pour tout le monde qu’il le cherche. Il le propose à notre regard ou à notre vertige, et non à notre approbation.

Luc Chessel
Libération, 2.1.2018

Prix

2017
Nyon Visions du Réel: Grand Prix
2017
Camden International Film Festival: Harrell Award for Best Documentary
2017
Adelaide Film Festival: Best Documentary

Filmographie

2014
The Immortal Sergeant (Al-Rakib Al-Khaled)
2017
Taste of Cement

Practice

En avant-projection
  • Réalisation: Lyabo Kwayana
  • CHN 2018
  • 10 minutes
au film principal

Practice

Comment s’intégrer à un groupe d’être humains et arriver à bouger à l’unisson? Filmé près d’un temple Shaolin dans le Henan, en Chine, Practice refète l’amour du cineaste pour les personnes engages dans une pratique collective.Grâce à l’lutilisation creative d’un drone, il statue magistralement une chorèographie visuelle fascinante ou des centaines d’individus dansant comme s’ils ne faisaient qu’un.

EF