Leto

Séance du
  • Réalisation: Kirill Serebrennikov
  • RU/FR 2018
  • 126 minutes
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Leto

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s'échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme la belle Natacha rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique

FA

Générique

Réalisation
Kirill Serebrennikov
Scénario
Mikahil Idov, Lili Idova, Ivan Kapitonov, Kirill Serebrennikov, Natalya Naumenko (Memoiren/mémoirs)
Production
Ilya Stewart, Mikhail Finogenov, Murad Osmann, Charles-Evrard Tchekhoff, Ilya Dzhincharadze, Elizaveta Chalenko
Photographie
Vladislav Opelyants
Montage
Yuriy Karikh
Musique
Roman Bilyk
Interprétation
Teo Yoo (Viktor Tsoy), Irina Starshenbaum (Natasha), Roman Bilyk (Mike Naumenko)
Origine, année
RU/FR 2018
Durée
126 minutes
Distribution
Xenix Filmdistribution

Motivation / Citation

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s'échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme la belle Natacha rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique

Dominique Widemann
L’Humanité, 5.12.2018

Commentaires

Dans Leto, le public n’est pas tant le fan que « l’homme de la rue » qui regarde d’un drôle d’œil cette jeunesse qui semblent copier des modèles occidentaux, tout en maintenant une distance bienvenue au « héros lyrique ». Certes, Mike et Viktor sont bien de cette trempe intrépide, mais ils revendiquent haut et fort leur inutilité sociale. En cela, ils atteignent l’essence du rock : des âmes pures dans des personnalités irrécupérables. Si en ce début des années 80, les refrains des Talkings Heads, de Blondie ou de Lou Reed circulaient sous le manteau, ils ne demandaient qu’à essaimer dans les esprits. Quand la petite bande se fait alpaguer dans un terrain par un groupe de voyageurs, elle a aussi la force d’imposer des karaokés spontanés où les quidams reprennent, en chantant sympathiquement faux, Psycho Killer, The Passenger ou Perfect Day, tandis que l’écran se zèbre de griffures et de dessins, entre film expérimental et flyer de soirée étudiante. Ces scènes qui prennent le risque de la coquetterie graphique, voire du mauvais goût, fonctionnent aussi sous un effet On connaît la chanson, signalant au passage la victoire posthume de Tsoï et de sa bande.

Joachim Lepastier
Les Cahiers du Cinéma, 12.2018

Brillant metteur en scène de théâtre, Kirill Serebrennikov excelle à saisir chez chacun de ses protagonistes les éléments vitaux. En longues prises saturées d’énergie, il les libère sur le sable, dans les flammes d’un feu de joie passible d’ignition générale s’ils n’y jetaient le peu qu’ils ont sur le corps. Mike, sa tendre Natacha, les musiciens de son groupe Zoopark, les amis, alliés, complices, affidés, tous fraternisent dans les hauts-fonds musicaux, non sans se rincer de suspects vins moldaves. Une route du rock tentait alors de se tracer en Union soviétique à l’écoute non réciproque de ce qui s’enchantait ailleurs.

Dominique Widemann
L’Humanité, 5.12.2018

Prix

2018
Cannes Film Festival: Best Soundtrack Award
2018
European Film Awards: Best Production Design
2018
Russian Guild of Film Critics: Best Director, Best Composer, Best Production Designer
2019
Nika Awards: Best Director, Best Film Editing, Best Sound, Discovery of the Year (Roman Bilyk)

Filmographie (Sélection)

2006
Playing the Victim (Izobrazhaya zhertvu)
2008
Yuri's Day (Yurev den)
2012
Betrayal (Izmena)
2016
The Student ((M)uchenik)
2018
Leto