Late Autumn
Akibiyori

Séance du
  • Réalisation: Yasujirō Ozu
  • JP 1960
  • 128 minutes
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Late Autumn

Akiko, une belle veuve, est liée d'une profonde affection à sa fille Ayako. Elle s'inquiète du célibat prolongé de cette dernière. Ayako, en effet, refuse de quitter sa mère et éconduit tous ses prétendants. Trois vieux amis de la famille, qui, jadis, furent tous amoureux d'Akiko, méditent de marier Ayako au plus vite. Enfin seule, Akiko pourrait alors épouser l'un d'eux. C'est ainsi que la jeune récalcitrante rencontre, sous les auspices d'un prétendu hasard, le soupirant que les trois conspirateurs lui destinent, Goto.

DS

Générique

Réalisation
Yasujirō Ozu
Scénario
Kōgo Noda, Yasujirō Ozu
Production
Shizuo Yamanouchi
Photographie
Yuharu Atsuta
Montage
Yoshiyasu Hamamura
Musique
Takanobu Saitō
Interprétation
Setsuko Hara (Akiko Miwa), Yōko Tsukasa (Ayako Miwa), Mariko Okada (Yuriko Sasaki), Keiji Sada (Shotaru Goto), Shin Saburi (Soichi Mamiya), Chishū Ryū (Shikichi Miwa), Nobuo Nakamura (Shuzo Taguchi)
Origine, année
JP 1960
Durée
128 minutes
Distribution
Trigon-Film

Motivation / Citation

Dès lors que l’on accepte sa prose simple et son art modeste, on ne peut qu’être soulevé par la magie qu’opère un cinéma aussi fragile et fort à la fois, et qui provoquera quelque inhabituel cliquetis au cœur, pour peu que l’on accepte d’y ouvrir sa sensibilité.

Julien Léonard
dvdclassik.com, 7.5.2014

Commentaires

Fin d’automne raconte l’histoire d’une femme, Akiko, et de sa fille, Ayako, cette dernière atteignant les 20 ans et se réjouissant de pouvoir encore vivre avec sa mère. Pourtant, la société, et notamment celle des hommes, commence alors un long travail d’équation tournant à l’obsession : il faut marier la fille, puis face au refus de celle-ci, marier la mère pour ensuite marier la fille. Les tournants du récit et ses subtils rebondissements ne doivent rien au tragique, ils sont simplement le fruit d’une société japonaise qui se contemple dans son état contemporain, à la charnière entre les années 1950 et 1960. On y croise le traditionalisme respecté et imposé par les parents, et le modernisme de façade affiché par la jeunesse. Car dans le fond, la jeunesse se résout à se marier sans passion et à répéter le schéma familial, trouvant ici et là quelque bonheur à ressentir. Si Ozu en remarque bien la religiosité en pleine destruction (il faut voir les personnages masculins parler avec une certaine liberté, certains regrettant presque leur mariage, la plupart baillant d’ennui devant des cérémonies traditionnelles…), il n’en n’oublie pas pour autant cet éternel respect des traditions socialement inébranlables, avec ses mariages arrangés, ses maris ramenant l’argent à la maison, ses femmes qui peu à peu restent au foyer… On pourrait se demander ce qu’en pense Ozu. Peine perdue, et l’intérêt est ailleurs. Il ne juge pas ces trois hommes qui interfèrent dans la vie d’autrui, ni ne donne aucun avis à propos de celui qui pensait pouvoir épouser la veuve de ses rêves. Il ne domine ni la jeunesse d’un regard cynique, ni les parents trop concernés par la répétition d’une formule de vie qui, pourtant, leur échappe dès lors qu’elle entre en contradiction avec l’individualisme. Il donne à voir les comportements comme ils sont, dépeint ses personnages dans de tendres étreintes dialoguées au détour desquelles s’agitent l’absence de rêve et la contemplation d’une vie que l’on souhaiterait voir couler comme un long fleuve tranquille. Un « traintrain » toujours répété de la même façon, avec son travail, ses pauses aérées sur le toit des bureaux, ses bars nocturnes et dominicaux, ses repas de famille sans passion, le tout au sein de quelques emplacements de la vie courante dont l’immeuble d’entreprise est le suzerain presque naturel, transformant incessamment les collègues en amis, et les amis en collègues. La vie y grouille, y s’écoule, s’y cherche et, occasionnellement, fantasme un avenir autre, plus ou moins ambitieux selon les situations : une fille désirant sa vie simple (au jour le jour) auprès de sa mère, militant presque pour un féminisme qui s’assume économiquement et socialement, ou bien un homme veuf, qui cherche à « soigner » ses « démangeaisons » (à savoir ses envies sexuelles) en pensant pouvoir épouser une femme qui, pourtant, n’en n’a guère envie. Ozu n’oublie pas la truculence des situations, concourant de fait à la tendresse qu’il possède indubitablement pour chacun de ses personnages, tous un peu égoïstes, un peu lâches, un peu rebelles, un peu taquins, et surtout très amicaux et humains.

Julien Léonard
dvdclassik.com, 7.5.2014

Prix

1961
Asia-Pacific Film Festival: Best Film, Best Cinematography, Best Supporting Actor (Nobuo Nakamura)

Filmographie (Sélection)

1932
I Was Born, But... (Umarete wa mita keredo)
1949
Late Spring (Banshun)
1951
Early Summer (Bakushu)
1952
The Flavour of Green Tea over Rice (Ochazuke no aji)
1953
Tokyo Story (Tokyo monogatari)
1956
Early Spring (Sōshun)
1957
Tokyo Twilight (Tōkyō boshoku)
1959
Good Morning (Ohayo)
1959
Floating Weeds (Ukigusa)
1960
Late Autumn (Akibiyori)
1961
The End of Summer (Kohayagawa-ke no aki)
1962
An Autumn Afternoon (Sanma no aji)