L'Ami américain

Séance du
  • Réalisation: Wim Wenders
  • DE/FR 1977
  • 127 minutes
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L'Ami américain

Atteint de leucémie, Jonathan Zimmermann, propriétaire d'un atelier d'encadrements à Hambourg, se sait irrémédiablement condamné. Il rencontre un jour l'Américain Tom Ripley, trafiquant de tableaux. Ce dernier présente à Jonathan l'un de ses amis, qui lui propose de tuer un inconnu contre une forte somme : Jonathan accepte, offrant ainsi une "assurance-vie" et un avenir à sa famille. C'est le début d'une spirale inéluctable.

EF

Générique

Réalisation
Wim Wenders
Scénario
Wim Wenders
Production
Renée Gundelach, Margaret Ménégoz, Joachim von Mengershausen, Wim Wenders
Photographie
Robby Müller
Montage
Peter Przygodda
Musique
Jürgen Knieper
Interprétation
Bruno Ganz (Jonathan Zimmermann), Dennis Hopper (Tom Ripley), Lisa Kreuzer (Marianne Zimmermann), Gérard Blain (Minot), Nicholas Ray (Derwatt), Samuel Fuller (Der Amerikaner), Daniel Schmid (Ingraham), Jean Eustache (freundlicher Mann)
Origine, année
DE/FR 1977
Durée
127 minutes
Distribution
Les Acacias, Paris (mit Unterstützung der Wim Wenders Stiftung/avec le soutien de la Fondation Wim Wenders)

Motivation / Citation

Avec ses aventuriers fantômes et ses villes interchangeables, ses ambiances urbaines cafardeuses est un film hanté par la mort, constante de la première partie de l’œuvre de Wenders.

Olivier Père
Arte, 15.7.2015 (Carte blanche Eva Furrer)

Commentaires

L’ami américain incarne la rencontre du cinéma d’outre-Atlantique et du septième art européen, à la fois dans la distribution des rôles (...), mais également dans les villes qui offrent un écrin à ce polar métaphysique : New York, où s’achève ce long-métrage aux accents kafkaïens, répond à Hambourg, filmée comme une cité crépusculaire et insalubre. C’est là que vit le personnage de Zimmermann. On dirait même qu’il y déambule, en attendant son imminent trépas. Ses vêtements prennent la couleur des lieux qu’il fréquente : un camaïeu de jaune ou de marron, sur lequel se projettent les ombres d’une implacable fatalité.
Si cette œuvre, adaptée de deux romans signés Patricia Highsmith, déroule les invariants du genre policier, de la filature entreprise par un sicaire aux règlements de compte entre rivaux, c’est pour mieux les dynamiter, par des menus incidents qui distillent une forme de comique inattendu, quelque part entre Beckett et Ionesco. (...)
La thématique de l’errance, chère à Wim Wenders, prend ici tout son sens, tandis que justement, les gestes accomplis par les personnages ne paraissent en avoir aucun, si ce n’est pour combler une terrible peur du vide. Les deux amis - Ripley et Zimmermann - semblent se réchauffer au même soleil d’une mission à accomplir : rien de plus que quelque chose à tuer. Le temps, principalement. Au bout du compte, chacun est rendu à sa solitude : Zimmermann le premier, qui achève son parcours au terme d’une course folle en voiture.

Jérémy Gallet
aVoir-aLire.com, 7.3.2018

Dans cette libre adaptation du roman de Patricia Highsmith, Ripley s’amuse, tous les ingrédients du film noir des années cinquante sont revisités, comme passés au crible d’une mémoire cinéphilique européenne en quête d’identité. Polar à la facture classique, lyrique à souhait, toujours en équilibre sur le fil du rasoir, L’Ami américain explore une atmosphère poisseuse, lustrée par l’indéfini des alentours, profondément tailladée par le poids mort des apparences. Issus de ce monde, les personnages réduits à des présences résiduelles (quand il ne s’agit pas d’autistes lancés à travers l’insignifiance du réel) voient leurs desseins obscurs participer à la dramatisation d’un espace qui déroule la beauté mortifère des paysages. Le cinéaste allemand convoque ici son double afin de nous conter l’histoire de son errance et de son propre déracinement, laissant le protagoniste faire corps avec un récit où les figures du genre se suivent et se ressemblent. Une déambulation qui emprunte les chemins de traverse, peut-être pour mieux nous parler aussi d’une obsession, celle du “cadre”, hors duquel la mort rôde, et d’un cinéma qui, s’il s’arrêtait d’errer, ne pourrait trouver que sa propre mort. En permanence, la jungle urbaine, morbide est filmée comme un décor mobile aux couleurs cauchemardesques d’un quotidien tissé de tensions, nourri d’échecs sanglants. L’image avec sa lumière bleu de Hambourg, grise de la Seine dans un Paris devenu crépusculaire, verte d’une salle de billard, rehaussée d’un rouge éruptif, dérive vers des lieux déserts et blafards, et capture des personnages hallucinés ou figés entre deux déambulations, deux dérives.

Jean-Michel Hellio
revue-eclipses.com, 20.1.2011

Prix

1977
Deutscher Kritikerpreis
1978
Bambi Preis: Beste Schauspielerin (Marie Kreuzer)
1978
Deutscher Filmpreis: Filmband in Gold (Beste Regie, Bester Schnitt), Filmband in Silber (Bester Film)
1979
Sant Jordi Awards: Best Foreign Performer (Bruno Ganz)

Filmographie (Sélection)

1974
Alice in den Städten
1975
Falsche Bewegung
1976
Im Lauf der Zeit
1977
Der amerikanische Freund
1982
Der Stand der Dinge
1984
Paris, Texas
1987
Der Himmel über Berlin
1991
Bis ans Ende der Welt
1999
Buena Vista Social Club
2000
The Million Dollar Hotel
2005
Don't Come Knocking
2011
Pina
2014
Das Salz der Erde
2018
Papst Franziskus – Ein Mann seines Wortes