Burning

Séance du
  • Réalisation: Lee Chang-dong
  • KR/JP 2018
  • 148 minutes
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Burning

Lors d’une livraison, Jongsu, un jeune coursier, retrouve par hasard son ancienne voisine, Haemi, qui le séduit immédiatement. De retour d’un voyage à l’étranger, celle-ci revient cependant avec Ben, un garçon fortuné et mystérieux. Alors que s’instaure entre eux un troublant triangle amoureux, Ben révèle à Jongsu son étrange secret. Peu de temps après, Haemi disparaît.

LG

Générique

Réalisation
Lee Chang-dong
Scénario
Oh Jung-mi, Lee Chang-dong
Production
Lee Joon-dong, Lee Chang-dong
Photographie
Hong Kyung-pyo
Montage
Kim Hyeon, Kim Da-won
Musique
Mowg
Interprétation
Yoo Ah-in (Lee Jong-su), Steven Yeun (Ben), Jeon Jong-seo (Shin Hae-mi)
Origine, année
KR/JP 2018
Durée
148 minutes
Distribution
Xenix Filmdistribution

Motivation / Citation

La suprême élégance de Burning, c’est de ne pas brûler tous ses vaisseaux à l’écran, mais de les laisser s’infiltrer dans les canaux les plus secrets de notre imaginaire.

Joachim Lepastier
Les Cahiers du Cinéma, Septembre 2018

Commentaires

Né en 1954, Lee Chang-dong a connu le succès comme écrivain avant de passer derrière la caméra en 1997. Il a aussi occupé le poste de ministre de la Culture en Corée du Sud entre 2003 et 2004. Il a réalisé six films, dont l’extraordinaire Secret Sunshine qui décrit comment la reconstruction par le catholicisme d’une femme dont l’enfant a été assassiné achoppe sur la dialectique du pardon. En 2010, à Cannes, il présente Poetry qui lui vaut le Prix du scénario, puis s’éclipse. Pour son retour au cinéma, le maître sud-coréen a cherché l’inspiration dans « Les granges brûlées », une brève nouvelle de Haruki Murakami (…). Porter à l’écran l’univers de l’écrivain japonais est extrêmement difficile. Burning remporte le défi. Le rythme du film est lent, la violence, sociale et psychologique, feutrée, les personnages incertains. (…) La réalité est un principe ténu chez Murakami. Lee Chang-dong l’a bien compris et le met en images avec toute la délicatesse et l’ambiguïté requises.

Antoine Duplan
Le Temps, 17.05.2018

Lee Chang-dong, grand nom du cinéma coréen (…) signe simplement avec Burning son film le plus abstrait, le plus étrange, le plus surprenant. Le plus beau aussi. Pour autant, il n’a rien lâché de cette acuité de regard qui fait de chacun de ses films une protestation cruelle contre les formes sourdes de barbarie qui caractérisent la société libérale avancée. Exaltation du narcissisme. Extension du domaine de l’indifférence. Effondrement des croyances et de la morale. À bien y regarder, chaque film de Lee Chang-dong produit un corps qui se met en travers du système, au risque de la mort. L’affaire se joue ici sur les braises d’un triolisme désynchronisé, entre une fille et deux garçons. (…) Tous ceux qui n’exigent pas d’une œuvre d’art des réponses à tout prix devraient se laisser séduire par son indécidabilité. Le chat de Haemi existe-t-il ? Haemi elle-même a-t-elle vraiment disparu ? Ben, le Gatsby coréen, fait-il brûler des serres par pur désœuvrement ou bluffe-t-il pour impressionner Jongsu et le tourner en dérision ? Le désir de meurtre qui monte en ce dernier s’accomplit-il ou est-il la première pierre du roman qu’il se promet d’écrire ? Il est peut-être moins important de trancher que de se laisser saisir par l’atmosphère – climatique et morale, c’est tout un – qui prévaut dans le film. Un ton de fin du jour, une exténuation des passions, une lumière déclinante, un étouffement existentiel baignent Burning. (...)

Achevons le propos en établissant une courte cartographie esthétique qui renseignera le lecteur sur les coordonnées du film. Deux écrivains d’abord, Haruki Murakami pour l’ambiguïté du réel, William Faulkner pour la rage existentielle et sociale. (...) On y ajoutera deux films. L’Avventura, de Michelangelo Antonioni, pour la brutale et mystérieuse disparition de la femme et de l’amante non moins que pour le vertige narratif et moral qui s’ensuit. Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle, pour le thème musical de Miles Davis, et pour l’errance crépusculaire qu’il accompagne dans un thriller tombé en panne. Nous voilà ainsi à peu près parés pour le plus film le plus inspirant de la rentrée.

Jacques Mandelbaum
Le Monde, 28.08.2018

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Prix (Sélection)

2018
Cannes Film Festival: FIPRESCI Award, Prix Vulcain de l'artiste technicien (Shin Jeom-hee, Art Director)
2018
Asia Film Awards: Best Director
2018
Korean Association of Film Critics: FIPRESCI Award, Best Cinematography
2018
Los Angeles Film Critics Association: Best Foreign Film, Best Supporting Actor (Steven Yeun)

Filmographie (Sélection)

1997
Green Fish (Chorok Mulgogi)
1999
Peppermint Candy (Bakha Satang)
2002
Oasis
2007
Secret Sunshine (Miryang)
2010
Poetry (Shi)
2018
Burning