Border
Gräns

Séance du
  • Réalisation: Ali Abbasi
  • SE/DK 2018
  • 110 minutes
05 Graens c Fermer

Border

Tina, femme d’une grande laideur travaillant à l’aéroport de Stockholm, possède un don quasi surnaturel : un odorat hyper développé qui lui permet de repérer les contrevenants. Elle ne renifle pas seulement l’alcool ou la drogue mais sonde les vices des passagers et perçoit leur culpabilité. Un jour, passe devant son poste de douane un homme affligé du même physique disgracieux.

Le film comporte des scènes qui peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs.

FA

Motivation / Citation

Border est un film exceptionnel qui, contre toute attente, dévoile peu à peu sa croyance dans la puissance de bienveillance de tous les êtres vivants.

J.B. Morain
Les Inrockuptibles, 4.1.2019

Commentaires

Il serait dommage de trop en révéler sur son intrigue, mais l’on peut commencer par dire que le film porte bien son titre, rassemblant tout un tas de trames – esthétiques, narratives, sociales, sexuelles – qui ont trait à la limite ou à la frontière, et que naturellement, le tout s’accomplit dans une forme mêlant tous les genres, du conte sylvestre à la fable morale (au sens XVIIIe siècle du terme) en passant par le thriller. Le tableau se déploie sur fond de plans au cordeau évoquant parfois les photos surréalistes de Gregory Crewdson, et de superbes images de faune et de flore scandinaves, la nature (et la sauvagerie) étant au cœur de son propos.

On y observe donc les mimiques et retroussages de babines de la très néandertalienne Tina (Eva Malender, hyper expressive sous des kilos de maquillage), qui exerce son activité de douanière en Suède avec le flair d’un chien truffier. Son existence est désolante, et rien de sa saleté et de sa difformité (ongles jaunes, mâchoire proéminente, fesses poilues, sourcils invasifs etc.) ne nous est épargné, à dessein. Que les monstres se révèlent souvent plus humains que les humains est une leçon attendue du film de genre, mais la très patiente manière dont Border nous en fait l’enseignement – n’exhibant jamais aucune cruauté pour sa créature, nous ramenant au contraire à elle après avoir tout fait pour nous en éloigner – ravive l’exercice, tout en lui donnant une coloration contemporaine et politique.

Elisabeth Frank-Dumas
Libération, 8.1.2019

Surtout, dans Border, l’étrangeté et la bizarrerie habitent le réel. Comme si le double clownesque et fictionnel créé par le père dans Toni Erdmann, film avec lequel Border partage un goût du grotesque et du mélange des genres, avait totalement gagné sur son créateur. À la différence cependant du film allemand, dont le personnage gardait distinctes ses deux identités, le grotesque est ici définitivement incarné dans des corps contemporains. Si la métaphore que file Border sur l’altérité se prête évidemment à une seconde lecture politique, celle-ci reste secondaire et assez discrète. Plutôt, c’est une double lecture esthétique de son geste qui intéresse, cette capacité à embrasser des contraires dans une même forme vivante, violente et touchante... Puisant quant à lui dans les racines de la culture scandinave pour interroger le monde contemporain, Border réussit son pari et semble comme touché par une grâce monstrueuse.

Axel Scoffier
Critikat.com, 8.1.2019

Propos du réalisateur

Comment avez-vous conçu leur apparence ?

Ali Abbasi: J’ai réfléchi en termes de réalisme. Ils devaient être assez laids, étranges et différents pour qu’on les remarque dans une foule mais suffisamment normaux pour ne pas être considérés comme des créatures. J’ai d’abord pensé à des différences corporels visibles, comme la taille, mais j’ai préféré me concentrer sur leur visage. J’ai pensé aux Néandertaliens qui possèdent certains traits des futurs humains mais qui ne sont pas encore comme nous.

Stéphane du Mesnildot
Les Cahiers du Cinéma, 5.12.2018

Prix (Sélection)

2018
Cannes Film Festival: Prix Un Certain Regard
2018
European Film Awards: European Visual Effects Supervisor
2018
Los Angeles Film Festival: Best Film
2018
Munich Film Festival: CineVision Award (Best film by an emerging director)

Filmographie

2008
Officer Relaxing After Duty (Kf/cm)
2011
M for Markus (Kf/cm)
2016
Shelley
2018
Border (Gräns)

Fomo

En avant-projection
  • Réalisation: Noah van Dock
  • CH 2019
  • 6 minutes
au film principal

Fomo

Une jeune femme s'enfuit dans le monde de ses rêves pour chercher
quelqu'un qu'elle n'a jamais rencontré dans la vie. Un film d'amour sur
la peur de manquer d'importantes interactions sociales.

EF