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3./5.11.2017

Bacalaureat (Graduation)

C. Mungiu - ROM 2016 / OVdf / 127 Min


 

Générique
Scénario et réalisation: Cristian Mungiu.
Production: Cristian Mungiu, Jean-Pierre et Luc Dardenne.
Photographie: Tudor Vladimir Panduru.
Montage: Mircea Olteanu.
Interprétation: Adrian Titieni (Romeo), Maria Drãguș (Eliza), Lia Bugnar (Magda), Mãlina Manovici (Sandra).
Origine: Roumanie/France/Belgique 2016.
Durée: 127 minutes.
Distribution: Filmcoopi.
VO/df.


Romeo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, a tout mis en œuvre pour que sa fille, Eliza, soit acceptée dans une université anglaise. Il ne reste plus à la jeune fille, très bonne élève, qu’une formalité qui ne devrait pas poser de problème: obtenir son baccalauréat. Mais Eliza se fait agresser et le précieux sésame semble brutalement hors de portée. Avec lui, c’est toute la vie de Romeo qui est remise en question quand il oublie alors tous les principes qu’il a inculqués à sa fille, entre compromis et compromissions. ls

Commentaires
« Le cinéma de Cristian Mungiu, on le connaît depuis 4 mois, 3 semaines, 2 jours, chronique d’un avortement clandestin au temps de Ceaucescu. C’est un cinéma qui tire sa force de l’intensité des situations et exige des acteurs une implication de tous les instants. Baccalauréat s’inscrit dans cette logique et capte l’attention d’un spectateur que, durant plus de deux heures, il ne lâchera pas, grâce également à la mécanique implacable du scénario.
Eliza (Maria Dragus, remarquée dans Le ruban blanc, de Haneke) est une élève brillante qui paraît assurée d’obtenir au baccalauréat les notes qui lui permettront de poursuivre ses études dans une université anglaise. Jusqu’au jour où l’agression dont elle est victime menace de remettre en cause son avenir. Romeo (Adrian Titieni, impressionnant de maîtrise), son père, met tout en œuvre pour qu’elle connaisse une autre vie que celle qu’il a vécue avec son épouse après qu’ils ont décidé de revenir en Roumanie, au lendemain de la révolution. Une décision qu’ils regrettent. Tout mettre en œuvre signifie passer par des compromissions que leur banalité même rend terribles.
C’est un tableau de la corruption ordinaire que dessine Mungiu à partir du cas de Romeo, chirurgien qui ne se résout pas à se séparer de sa femme, quand bien même ils ne partagent plus rien, quand bien même il consacre le plus clair de son temps libre à sa jolie maîtresse. Romeo est un homme droit, qui porte ancrées en lui des convictions auxquelles il n’entend pas renoncer, si ce n’est, précisément, au nom de l’avenir de sa fille. Alors, il se soumet à la coutume, il se résigne, et le mensonge envahit sa vie. Le corrompu, c’est lui, au sens où il se trouve dénaturé. (…) C’est passionnant, d’une intelligence éblouissante, c’est du grand cinéma. »
Pascal Mérigeau, Le Nouvel Observateur, 7.12.2016

« Une radiographie de la Roumanie d’aujourd’hui: tout le cœur du film est là. Montrer comment, même débarrassée de Ceausescu, la Roumanie est restée empêtrée dans ses vieux réflexes: magouilles et pots-de-vin. Présenté en compétition lors du dernier festival de Cannes, Baccalauréat s'est contenté d'un prix de la mise en scène, alors que ce film méritait une tout autre exposition. Par ce qu'il dit d'abord, avec courage, de l'hypocrisie politique d'un pays qui continue à naviguer à la godille sur ses faux-semblants et ses citoyens pris en étau entre le désir de faire table rase du passé et la tentation de privilégier leur intérêt. Adrian Titieni, qui joue le père, aurait mérité un prix d'interprétation tant il est bouleversant de sincérité. La conversation, les yeux dans les yeux avec sa fille, au cours de laquelle il lui avoue qu'il a lui-même eu tort de ne pas quitter la Roumanie, bercé par de vains espoirs d'une vie plus juste, est meurtrière. Baccalauréat est un petit chef-d’œuvre qui vous tient de bout en bout, remarquable d'intelligence et de lucidité, ce qui revient au même. »
Pierre Vavasseur, Le Parisien, 7.12.2016

« Toute la société est atteinte d’un cancer généralisé: la corruption, les petits arrangements entre puissants, y compris son système scolaire et son système médical – impossible de ne pas penser à La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu quand on voit comment un haut fonctionnaire pourri jusqu’à la moelle obtient facilement une greffe de foie. Le personnage de Romeo est magnifique car il incarne l’humanité toute entière. Où commence et se termine notre sens moral ? Sommes-nous prêts à toutes les compromissions pour nos enfants ? ‹Puni› par le scénario, il terminera sur le canapé de son amante, mais pourtant, et c’est toute l’intelligence du propos de Mungiu, jamais il ne fera quelque chose de contraire à la logique d’un père prêt à tout pour sa fille. A tort – une forme de racisme culturel peut-être –, on croit le cinéma de Mungiu austère et réservé à une élite critique. De par son sujet universel, Baccalauréat est peut-être son film le plus accessible, à conseiller à tous les parents qui veulent une meilleure vie pour leurs enfants. C’est surtout une démonstration de mise en scène, quand la confusion morale du personnage s’accompagne d’une série d’incidents qui renforce la paranoïa et met sous tension le spectateur. (…) Grand cinéaste, grand film. »
Yannick Vely, ParisMatch, 6.12.2016


Filmographie
2016 Bacalaureat
2012 Au-delà de la colline
2009 Amintiri din epoca de aur (Tales from the Golden Age)
2007 4 mois, 3 semaines et 2 jours
2002 Okzident
1997 Mariana (c-m)


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